Données expérimentales et équations du viriel

Détermination expérimentale des coefficients du viriel

La forme de l'équation du viriel (l'expansion en densité) :

P % k B T = 1 + B ( T ) % + C ( T ) % 2 + D ( T ) % 3 + E ( T ) % 4 + P over {%irhô k_B T}~=~ 1 ~+~ B(T) cdot %irhô ~+~ C(T) cdot %irhô^2 ~+~ D(T) cdot %irhô^3 ~+~E(T) cdot %irhô^4 ~+~dotslow

En définissant le facteur de compressibilité Z,

P % k B T = Z P over {%irhô k_B T}~=~ Z

On détermine aisément :

B = lim % 0 [ Z 1 % ] ou B = lim % 0 ( Z % ) C = lim % 0 [ Z 1 B % % 2 ] ou C = 1 2 lim % 0 ( 2 Z % 2 ) B ~=~ lim csub{%irhô rightarrow 0} left[ {Z - 1} over %irhô right] ~~~~ou ~~ B = lim csub{%irhô rightarrow 0} left( {partial Z} over {partial %irhô} right) newline C ~=~ lim csub{%irhô rightarrow 0} left[ {Z - 1 - B %irhô} over %irhô^2 right] ~~~~ou ~~ C = 1 over 2 lim csub{%irhô rightarrow 0} left( {partial ^2 Z} over {partial %irhô^2} right)

D = lim % 0 [ Z 1 B % C % 2 % 3 ] ou D = 1 6 lim % 0 ( 3 Z % 3 ) D ~=~ lim csub{%irhô rightarrow 0} left[ {Z - 1 - B %irhô - C %irhô ^2} over %irhô^3 right] ~~ou ~~ D = 1 over 6 lim csub{%irhô rightarrow 0} left( {partial ^3 Z} over {partial %irhô^3} right)

RemarqueQuelques remarques

  1. Ces expressions pour les coefficients du viriel nécessitent des données très précises à très basse densité (phase gaz).

  2. En pratique, le second coefficient B est connu avec précision. C est connu avec moins de précision., D encore moins, etc.

Comparaison avec l'expérience des expansions de la pression en série de la densité (équation du viriel) tronquée à plusieurs ordres

  • La figure ci-dessous compare l'effet de la troncature à l'ordre 1 (équation des gaz parfait ; B = C = D = ... = 0) à l'ordre 2 (C = D = ... = 0) et à l'ordre 3 (D = ... = 0).

    Les coefficients sont calculés à l'aide du potentiel de Kihara (un potentiel de Lennard-Jones où les molécules sont considérées comme des sphères de rayon non nul et qui prédit mieux les coefficients du viriel que celui de Lennard Jones).

Il est préférable de ne pas tronquer : l'équation du gaz parfait (tronquée à l'ordre 1) ne prédit pas le minimum de solubilité avec la pression. La troncature au troisième ordre améliore très significativement celle au deuxième ordre pour les hautes pressions.

Ordre de grandeur

  • Le tableau ci-dessous décrit l'ordre de grandeur de la correction apportée par chaque coefficient pour le facteur de compressibilité de l'argon à 25°C :

Valeur des corrections des coefficients du viriel apportée au facteur de compressibilité pour l'argon à 25°C

pression P (atm)

facteur de compressibilité Z

1

1 - 0,00064 + 0,00000 +.... (+0,00000)

10

1 - 0,00648 + 0,00020 +.... (-0,00007)

100

1 - 0,06754 + 0,02127 +.... (-0,00036)

1000

1 - 0,38404 + 0,68788 +.... (+0,32272)

à 10 atm, la correction apportée par le troisième coefficient C (0,00020) est encore marginale et la correction de B reste faible.

A 100 atm, les corrections de B et C sont significatives, mais suffisent.

à 1000 atm, non seulement les corrections de B et C sont très importantes mais elle sont insuffisantes car le reste à corriger est du même ordre de grandeur (+0,32272).

Comparaison avec l'expérience des expansions de la pression en série de la densité (équation du viriel) et en série de la pression

  • La figure ci-dessous présente le facteur de compressibilité de l'argon à -70°C et la troncature des deux séries à l'ordre 3 (D = 0 ou D' = 0) :

On note l'avantage certain de l'équation du viriel (la série en densité) par rapport à la série en pression, même si à haute température (25°C), la série en pression est plus en accord avec les mesures expérimentales.

Domaine de validité

Pourvu que l'on dispose des valeurs de coefficients, l'équation du viriel est généralement valide :

  • en dessous de la température critique, l'accord est bon jusqu'à la pression de vapeur saturante, mais mauvais pour le volume molaire liquide.

  • au dessus de la température critique, l'équation est valide jusqu'à la densité molaire critique, mais nécessite au moins 4 ou 5 coefficients dans ce cas.

Les cas évidents de non validité de l'équation du viriel sont :

  • le système ne peut plus être décrit comme des molécules individuelles : ex. association en phase vapeur de l'acide acétique ;

  • les interactions sont décrites par des potentiels ayant une portée plus longue que 1/r3 : ex. interactions entre ions de type coulombiennes en 1/r.